Michel Onfray

> Biographie

Michel Onfray écrivain et philosophe originaire de l’Orne, enseigne la philosphie dans les classes terminales du lycée technique privé Sainte-Ursule de Caen de 1983 à 2002. Il démissionne en 2002 pour créer l’Université populaire de Caen afin d’y enseigner une « contre-histoire » de la philosophie. Il en écrit le manifeste en 2004 (La Communauté philosophique). En octobre 2006, il crée l’Université populaire du goût d’Argentan. Le philosophe normand prône un athéisme argumenté et militant, qu’il décline au cours de ses conférences à l’Université populaire de Caen. Il est l’auteur de plus de soixante ouvrages.

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> Textes de Michel Onfray

I/ Le jardin (potager) d’Epicure ©

– 1 – Généalogie de l’Up -.

A l’origine de l’Université Populaire de Caen – qui fête son lustre à la rentrée 2006 ! -, se trouve un électrochoc politique semblable à celui de la fin du XIX° siècle lors de la création des Up premières manières. De fait, vers 1898, l’Affaire Dreyfus coupe la France en deux : militaristes, antisémites, nationalistes, patriotes, contre tenants de l’innocence du Capitaine. En 2002, le suffrage universel direct installe au second tour des élections présidentielles un candidat qui, pour n’être pas fasciste, s’est fait remarquer sa carrière politique durant pour sa bienveillance envers Vichy et le national-socialisme. Cette parole populaire excédée est moins à condamner qu’à comprendre, puis à combattre par autre choses que l’insulte, le mépris, la haine, ici contreproductifs. Nous avons souhaité reprendre le flambeau des Lumières qui s’opposaient aux barbaries de leur temps – féodalités politiques, pensée magiques monothéistes, pouvoir personnel, etc- par la promotion et la publicité de l’intelligence. D’où l’Université Populaire de Caen qui propose une douzaine de séminaires pour analyser et comprendre le fonctionnement du monde, puis avancer des  alternatives à la négativité contemporaine. Nul ne l’ignore plus, notre époque se définit par la mondialisation sous sa forme libérale : l’argent fait la loi, le marché guide l’économie, certes, mais aussi la plupart des productions culturelles, les consciences, les relations entre les hommes – dans le cadre national, certes, mais aussi international. La planète, devenue l’étroit champ de bataille du marché, supporte en effet le poids de cette guerre qui ne dit pas son nom et qui, de fait, la met en péril par la dégradation des biodiversités. Cette guerre qui ne dit pas son nom, et dont l’ennemi qualifie le résistant à l’unidimensionnalité voulue par les grands fauves politiques, génère partout des fractures en relation avec la logique de la paupérisation : de moins en moins de privilégiés, qui le sont de plus en plus, et de plus en plus de sacrifiés, qui le sont de plus en plus…

II/ « Ce qui n’est pas donné est perdu » Proverbe manouche ©

Parodions Paul Gauguin et posons nous trois questions fondamentales – celles de sa toile éponyme aujourd’hui au Musée de Boston (Etats-Unis) : D’où venons nous ? Que sommes nous ? Où allons nous ? et précisons ainsi notre identité argentanaise. D’où venons nous ? D’un « jardin ouvrier ». Je persiste à le nommer ainsi malgré le politiquement correct de notre époque qui préfère « jardins familiaux », comme si l’évitement du mot « ouvrier » assurait la destruction de la chose nommée… Le jardin ouvrier rassemble des personnes de bonne volonté qui ne savent pas jardiner sous la responsabilité de personnes à peine plus au fait de la chose potagère ! Les participants aux jardins ont eu à souffrir de la brutalité libérale de notre époque et des violences du marché libre. Chômeurs en fin de droit, rmistes, parfois anciens prisonniers, de temps en temps buveurs repentis , déclassés sociaux, oubliés des visibilités sociales, en rupture de ban avec le monde qui court sa route sans eux, ils arrivent dans cette association pour repartir d’un meilleur pied . Ceux qui les encadrent ont eux aussi subi la loi des licenciements, des mises à la porte, des délocalisations. De fait, dans l’équipe encadrante, les diplômes de jardinier ou d’horticulteur ne sont pas légion ! La municipalité d’Argentan, louons-là pour cela, a créé cette association, parmi trois autres, pour panser les blessures politiques et accompagner ces femmes et ces hommes destinés à sombrer sinon…